PARENTS, SOYEZ TRES VIGILANTS, voici le conseil de la maman d’un étudiant.

Alors que nous entamons l’année et que, pour certains d’entre vous, le choix pour les études supérieures de vos enfants va devenir imminent, je souhaitais partager l’expérience que nous avons vécue avec notre fils Clément, pour que vous puissiez profiter des leçons tirées.

Notre fils Clément est sourd sévère et a effectué une première année d’études, en alternance, dans un IUT en 2017-18.

Ayant suivi toute sa scolarité avec un accompagnement adapté, au CEOP, au collège Rodin avec l’appui de l’INJS et au lycée d’Argenteuil avec l’appui de l’EIDC, nous étions soucieux de nous assurer qu’il choisisse de suivre des études supérieures dans un établissement qui saurait mettre en place un accompagnement adapté à ses besoins. Par anticipation, j’ai pris le soin d’appeler, au printemps précédant les vœux dans le système APB (ex Parcoursup) , les universités qui dispensaient les études de son choix. La responsable de la cellule handicap d’une université s’est montrée très rassurante, m’indiquant que cette université accueillait déjà plusieurs centaines d’étudiants handicapés. La procédure était simple et rodée : mon fils rencontrerait le médecin en septembre afin de connaître ses besoins et les aides nécessaires seraient mises en place.

Clément intègre donc l’IUT, rencontre rapidement le médecin. Pour autant aucun accompagnement n’est mis en place. En décembre il est convoqué à une réunion à laquelle aucun interprète en LSF, aucun codeur n’était présent, ce qui illustre le manque de compréhension de ce handicap, si ce n’est un manque de respect à l’égard de la personne directement concernée par la réunion. Mon fils demande à avoir des interprètes en LSF pour 3 matières et obtient pour toute réponse qu’il n’y a pas de budget !

Il informe alors qu’un dispositif existe à l’Agefiph donnant droit à 200h d’interprétariat par an, la responsable ne connaît pas ce dispositif et se montre réticente.

En janvier 2018, toujours sans nouvelle, j’appelle pour savoir où en est le dossier. Aucune démarche n’avait été effectuée !! Face à une telle atonie, je fais moi même les démarches et Clément a eu ses premiers interprètes en mai ! Autant vous dire que Clément était noyé depuis longtemps. Il a dû renoncer à cette formation, rompre son contrat en alternance avec l’entreprise Safran, alors que tout se passait bien très bien chez son employeur qui investissait sur cet apprenti en vue d’un emploi à l’issue du DUT.

 

Il est manifeste que cette situation est due au manque de connaissance de la surdité et d’organisation de la part de cette université. Nous avons fait confiance, à tort.

La présence d’une cellule handicap ne doit pas endormir votre vigilance sur la mise en œuvre d’un accompagnement dont l’étudiant.e sourd.e aurait besoin. Il m’apparaît indispensable d’être exigeant dès le printemps sur la mise en place des moyens d’accompagnement, les budgets et les procédures d’attribution, impliquant notamment la MDPH.

Aujourd’hui, Clément est en première année de BTS en électronique au lycée d’Argenteuil partenaire de l’ EIDC. A ce jour il a 13,5 de moyenne.

 

Ajoutons : n’hésitez pas à vous rendre dans les salons ou aux portes ouvertes des établissements qui pourraient accueillir vos jeunes pour leurs études et à rencontrer les responsables. S’informer à ces occasions est utile (cette maman l’avait fait) mais restez vigilants et surtout n’hésitez pas à questionner les réponses que l’on vous donnera.

Par ailleurs, les universités sont censées disposer de cellules handicap (anciennement relais handicap) avec lesquels il faut se mettre en rapport  pour bien signaler la présence de l’étudiant concerné et bien s’assurer que le suivi sera mis en place. Dans les IUT, il y a en général des directeurs de départements plus en contact avec leurs étudiants. On peut aussi consulter Droit au savoir qui fait des permanences pour renseigner les étudiants handicapés. Dans la réalité, hélas, rien ne se met en place systématiquement et il faut toujours être vigilant.

 

INFORMATIONS PRATIQUES SUR LA SCOLARITE ET LA FORMATION PROFESSIONNELLE

 

Pour toute information sur la scolarité d’un enfant porteur d’un handicap, il existe des sites qui vous permettrons d’avoir les informations nécessaires (liste des établissements et services, aménagements..) pour faire les choix les plus adaptés aux difficultés rencontrées par les étudiants. Voici les plus importants :

www.education.gouv.fr/…/la-scolarisation-des-eleves-handicapes.html

www.onisep.fr/Formation-et-handicap

Scuio.org/index.htm (le service commun universitaire d’information, orientation et insertion pro)

Admission-postbac.fr

Sup.adc.education.fr/handi-u

 

 

Bien que ces sites soient complets, voici quelques données utiles à connaître :

 

 

Les aides humaines :

  • AESH : Depuis la rentrée 2014, les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) remplacent les auxiliaires de vie scolaire recrutés par contrat d’assistant d’éducation (AED-AVS).
  • Preneuses de notes
  • Interprètes LSF
  • Codeurs LPC.

 

Les aides techniques :

  • Système HF
  • Ordinateurs
  • Boucle magnétique

 

Le projet personnalisé de scolarisations :

PPS : C’est à partir des besoins identifiés que l’équipe pluridisciplinaire de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) va élaborer le projet personnalisé de scolarisation (PPS) de l’élève en situation de handicap , en tenant compte des souhaits de l’enfant ou de l’adolescent et de ses parents.

Le PPS assure la cohérence d’ensemble du parcours scolaire de l’élève en situation de handicap. C’est sur la base de ce projet que la CDAPH prend alors les décisions utiles. Le décret du 11 décembre 2014 précise les différentes décisions qui sont du ressort de la CDAPH.

Le PPS définit les modalités de déroulement de la scolarité en précisant, si nécessaire :

  • la qualité et la nature des accompagnements, notamment thérapeutiques ou rééducatifs
  • le recours à une aide humaine individuelle ou mutualisée
  • le recours à un matériel pédagogique adapté
  • les aménagements pédagogiques.

 

L’enseignant référent :

Interlocuteur privilégié des parents, l’enseignant référent fait le lien entre les familles et l’ensemble des professionnels qui gravitent autour de l’élève, tout au long de son parcours scolaire. C’est à lui que vous devez poser toutes les questions liées à la scolarité de votre enfant et qui vous aidera à mettre en place les aménagements nécessaires.

 

L’aménagement des examens :

 Les aménagements portent sur les conditions matérielles (tiers temps, consignes écrites..) de déroulement des épreuves, les aides techniques et les aides humaines. Il faut en faire la demande auprès du médecin qui recevra l’étudiant et transmettra son avis à l’autorité administrative compétente qui décide des aménagements accordés et le notifie au candidat.

 

 

Le bac :

le lycéen qui a échoué au bac a la possibilité de garder ses notes et de ne repasser que les matières qu’il souhaite. 

APB : 

Les élèves handicapés bénéficient d’une priorité dans leur choix post bac : la demande est faite par l’établissement ou l‘enfant est scolarisé.

 

Les études universitaires :

  •  Structure ou mission handicap dans chaque université à contacter dès l’inscription à l’université afin de rencontrer le médecin et mettre en place des aides qui constituent le PAEH (le plan d’accompagnement de l’étudiant handicapé).

 

 

Gratuité de la sécurité sociale :

Vous n’exercez pas d’activité professionnelle rémunérée Si vous n’êtes pas déjà couvert par un régime obligatoire d’assurance maladie, vous pouvez demander à être admis au régime général d’assurance maladie en tant que :

  • Bénéficiaire de l’AAH : l’attribution de cette allocation ouvre droit en effet à l’affiliation gratuite au régime général d’assurance maladie. Adressez votre attestation, délivrée par la CAF, à votre caisse d’Assurance Maladie.À noter : si l’AAH vous a été supprimée et que vous ne bénéficiez pas d’une protection sociale à un autre titre (activité professionnelle rémunérée, pension d’invalidité, etc.), vous bénéficiez du maintien de vos droits au remboursement des soins pendant un an, en cas de maladie et de maternité. 

 

Les grandes écoles :

  • La Conférence des Grandes Ecoles a signé une charte CGE-Handicap avec comme principaux objectifs : favoriser l’accès aux grandes écoles des étudiants handicapés et augmenter les entrées en formation dans les grandes écoles par la voie de l’apprentissage. Il existe une liste des établissements qui ont un référent handicap ainsi que le degré d’accessibilité de leurs locaux. 
  • www.cge.asso.fr

 

Financement des aides :

  • L’Education Nationale dans les établissements EN
  • L’université
  • L’AGEFIPH : agefiph.fr s’il s’agit d’une formation professionnelle : financement de la compensation (matérielle ou humaine sur prescription d’une mission locale ou de cap-emploi)
  • Le complément de l’allocation

 

Les associations d’étudiants et d’aide aux étudiants :

Pour l’accompagnement durant les études (information, tutorat ou aide à la recherche de stage, entreprise pour une formation en alternance rédaction de CV, préparation aux entretiens…)

 

Les lieux d’information:

  • CIDJ : 101 quai Branly 75015 Paris
  • Le salon de l’éducation (stand dédié au handicap)
  • Les salons dédiés à la recherche d’emploi des personnes handicapées (pour l’alternance et les stages)Les publications :

 

  • Les publications de l’Onisep
  • Le guide de l’étudiant handicapé en région Ile de France