J’ai un doute sur l’audition de mon enfant. Quels sont les éléments qui doivent m’alerter ?

 

Devant des réactions anormales aux bruits et à la voix et face à des  troubles précoces de la compréhension de votre enfant.

 

Soit il s’agit d’une absence totale de réaction aux bruits forts, à la voix   même criée,

  • entre 0 et 3 mois : absence de sursaut aux bruits forts, sommeil imperturbable    de votre bébé.
  • à partir de 6 mois : absence de recherche de la source sonore si elle n’est pas         visible
  • entre 9 et 12 mois : absence de réaction aux ordres simples, aux interdits si votre enfant n’est pas aidé par le contexte, des gestes ou des mimiques.
  • vers 18 mois : impossibilité de désigner les parties de son corps, de comprendre des consignes simples sans l’aide d’informations visuelles (contexte, mimiques, gestes).
  • à 2 ans : impossibilité de désigner des images.
  • à 3 ans : incompréhension des consignes complexes.

 

Soit il s’agit de réactions inconstantes qui vont rendre le doute et le  diagnostic

d’autant plus tardif.

Réactions de votre enfant uniquement aux bruits forts (aboiement, claquement de porte, chute d’objet sur le carrelage, aspirateur en marche, bruit de perceuse…) et à la voix forte.

Ses difficultés de compréhension sont importantes sans l’aide de moyens de suppléance comme le contexte, les gestes, les mimiques et la lecture labiale.

Il réagit aux bruits d’intensité moyenne (miaulement, sonnerie de téléphone, jouets musicaux) et à la voix normale proche, mais n’a pas  de réaction aux bruits de faible intensité (froissement de papier, grattement…) et à la voix chuchotée, ou à des bruits plus lointains.

Sa compréhension sera variable, votre enfant vous demandera souvent de répéter.

 

Soit votre enfant réagit à pratiquement tous les bruits, mais il sera gêné pour comprendre les consignes lorsqu’il y aura du bruit dans la pièce, quand l’interlocuteur  sera éloigné ou quand il parlera à voix chuchotée.

 

Soit il s’agit d’un enfant qui ne réagit plus comme avant: il fait répéter, monte le son de la télévision, comprend les consignes de façon erronée par confusion phonétique.

 

Devant les troubles de productions vocales et langagières de  votre enfant.

    • à 6 mois : votre bébé ne vocalise pas
    • à 9 mois : vous constatez une absence de lallation (mama, baba, tata…)
    • à 12 mois : votre enfant ne dit pas des mots compréhensible (papa, maman, attends…)
    • à 18 mois : absence de plusieurs mots signifiants
    • à 24 mois : absence d’association de 2 à 3 mots (papa parti travail)
    • à 3 ans : absence de phrases complètes, c’est-à-dire bien structurées (je veux un gâteau), la présence d’un retard de parole et/ou d’un trouble de parole important.
    • à 4 ans : la présence de troubles d’articulation importants. Un langage acquis qui se dégrade ou stagne.

 

Devant un trouble du comportement.

Devant un trouble du comportement même mineur, d’apparition ancienne ou récente, il faut penser à la possibilité d’un trouble auditif.

En effet, ne pas comprendre ou comprendre partiellement, ne pas pouvoir se faire comprendre va se répercuter de façon plus ou moins importante sur le développement psychoaffectif de l’enfant et sur la qualité des interactions familiales.

 

 Si vous vous posez ces questions:

 

–        il ne réagit pas quand la moto de son père démarre

–        il réagit à la voix de son père, pas à la mienne

–        il sursaute quand il ne nous a pas vus arriver

–        il n’a pas eu peur quand la perceuse a démarré

–        il se fait comprendre par gestes

–        il ne vient pas si je l’appelle d’une autre pièce

–        il me fait répéter quand il y a du bruit

–        il ne me comprend que si je lui parle de près

–        il parle fort, il monte toujours le son de la télé

–        il est têtu, il n’obéit jamais

–        il est rêveur, dans son monde

 

En conclusion, un seul signe doit vous amener à vous interroger sur un éventuel problème d’audition et à en rechercher d’autres. En effet, les signes d’alerte d’un déficit auditif sont d’une extrême banalité mais graves en cas de méconnaissance, du fait de leur retentissement non seulement sur le langage mais aussi sur le développement psychoaffectif et cognitif de l’enfant et par conséquent sur ses acquis scolaires. D’où l’importance d’un dépistage et d’un diagnostic précoce.