Un dépistage est organisé actuellement à la naissance, lors des examens obligatoires aux 9èm et 24èm mois et par le médecin scolaire avant l’entrée au CP.

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J’ai des doutes sur l’audition de mon enfant.

Qui contacter ? Quels sont les examens à faire ?
L’examen de l’audition comporte des tests simples utilisables en consultation de médecine générale et des examens spécifiques pratiqués par un médecin ORL, spécialisé dans la déficience auditive.

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chez votre médecin traitant :

Il examine les tympans avec un otoscope. Cela permet de voir un bouchon de cérumen ou une perforation du tympan.

Il teste votre audition à l’aide de la voix chuchotée en se plaçant derrière vous.

S’il a un doute, il vous adresse chez un spécialiste (ORL) pour un bilan complémentaire.

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le spécialiste pratiquera:

une audiométrie tonale: la personne est installée dans une cabine insonorisée et est soumise à des sons d’intensité décroissante. Si la personne entend le son, elle le signale. Ses réponses successives formeront une courbe audiométrique pour chaque oreille, appelée audiogramme.

Il explore à cette occasion toute une plage de fréquences allant des sons graves (125 Hz) aux sons aigus (8.000 Hz), qui est la plage extrême des sons audibles.

Une impédancemétrie: c’est un examen indolore qui permet, au moyen d’un appareil appliqué à l’entrée de l’oreille, d’enregistrer les réactions du tympan.

audiométrie vocale qui étudie les sons complexes de la parole en fonction du niveau sonore. Plusieurs séries de mots sont testés.

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l’exploration de la conduction osseuse des bruits. L’examinateur, à l’aide d’un appareil placé derrière l’oreille, envoie une stimulation vibratoire sur l’os, en respectant la progression des fréquences graves aux fréquences aigues.

L’examen clinique essaie de localiser le trouble auditif qui peut siéger sur l’appareil de transmission (conduit auditif, tympan, osselets) ou sur l’appareil de perception (oreille interne) ou bien sur les deux.

les PEA (Potentiels Evoqués Auditifs):

C’est un examen indolore. Les PEA sont des courants électriques recueillis à la surface de la peau par des électrodes après des stimulations brèves et répétées du système auditif (des deux côtés, puis de chaque côté).

les OEA (otoémissions automatisées):

C’est un examen indolore. Elles mesurent les ondes sonores émises par l’oreille  et provoquées naturellement par toute stimulation sonore.

L’enregistrement de ces OEA permet le dépistage précoce de la surdité chez le nouveau né. Cet examen permet également le dépistage précoce de la surdité qui débute chez un adulte.
Cet examen est par ailleurs pratiqué chez les personnes ayant absorbées des substances toxiques pour l’oreille interne comme certains antibiotiques.

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Le dépistage précoce des troubles de l’audition

Le 1er décembre 2010 les députés ont adopté le projet de loi, présenté par  trois députés, visant à généraliser le dépistage dans les trois premiers mois de la vie de l’enfant.

Ce dépistage comprend « un examen de repérage avant la sortie de l’établissement de santé dans lequel a eu lieu l’accouchement ou dans lequel l’enfant a été transféré », suivi si nécessaire « d’examens complémentaires avant la fin du troisième mois, dans une structure spécialisée dans le diagnostic, la prise en charge et l’accompagnement, agréée par l’Agence Régionale de Santé (ARS) territorialement compétente ».

Il est prévu la généralisation de centres de référence spécialisés, véritables « guichets uniques » du dépistage à l’accompagnement !

Rappelons qu’un programme expérimental avait été mis en place en 2005 et s’est achevé en 2009.

Ce texte proposé dès l’été 2010 avait soulevé de nombreuses manifestations parmi les Sourds qui revendiquent le droit à une surdité vécue comme une différence et non comme un handicap. Ils craignent que la proposition d’implantation cochléaire faite aux parents par les médecins au cœur du dispositif de diagnostic soit systématique et que cette « réparation » éloigne les familles (entendantes) de la LSF.

Ce dépistage néonatal, donc ultra précoce, a soulevé des opinions contrastées également dans le monde associatif ; certes savoir « suffisamment tôt » que son enfant est sourd est un atout pour l’enfant qui sera accompagné dans son développement grâce aux moyens techniques et humains dont nous disposons aujourd’hui.

Selon les députés rapporteurs du projet « le diagnostic est encore posé trop tardivement, 16 mois en moyenne ».

Les diagnostics tardifs qui malmènent les parents de tests en tests sont connus, hélas encore fréquents, certes, mais il y a aussi des diagnostics faits au moment où la famille, l’entourage s’interroge, doute, observe et chemine vers la reconnaissance.

La période du dépistage est déjà source d’inquiétude, surtout lorsqu’une période de suspicion s’installe ; avec le diagnostic, les parents deviennent fragiles car ils se sentent privés de leur compétence et de repères pour l’éducation de leur enfant. C’est au plus tôt qu’il faut prendre en compte la dimension psychologique de l’annonce qui s’accompagne d’une information impartiale sur les besoins de l’enfant et les offres en matière d’appareillage et d’éducation.

Mais l’information initiale ne peut être complète, elle doit être redonnée, présentée différemment au fil des âges de l’enfant. Si l’information et l’aide psychologique font partie de ce qui s’appelle aujourd’hui l’accompagnement elles doivent par définition se concevoir sur le long terme et nécessitent la création d’équipes qui puissent travaillées en réseau. Est-ce le projet d’un référent « troubles de l’audition » au sein de chaque MDPH ?

C’est ici que les difficultés apparaissent…

La loi prévoit bien cette information et cet accompagnement et confie à chaque ARS le soin de mettre en oeuvre et de coordonner ce dépistage dans un délai maximum de deux ans. En outre un rapport annuel sera remis au Parlement sur la réalisation de ce dépistage précoce.

Les associations et fédérations ont une place de concertation auprès des ARS et elles la prendront. L’Unisda a déjà mis en chantier un groupe de travail sur le thème de l’information à faire aux familles, information qui serait délivrée par le Centre National de Ressources qui se mettra en place sur l’année 2011.